C’est avec beaucoup de tristesse qu’on a appris la fermeture des boutiques Jacob. On a aimé et on aime toujours la marque. Profondément, et surtout depuis les dernières années. On aimait les coupes, parce qu’elles étaient faites pour les femmes québécoises. On aimait le look « classique, mais avec une twist », la qualité des tissus et la confection faite en partie au Canada. On aimait le fait que Jacob créait de l’emploi avec un siège social à Montréal et des boutiques partout au pays. Jacob employait beaucoup de monde (environ 1 500), mais c’était une entreprise familiale. Et ça nous brise le coeur pour les 1 500 personnes qui vont devoir trouver un emploi dans une industrie pas fucking facile.

On vit ça un peu comme un deuil. Sans exagérer. C'est qu'on ne comprend pas ce qui a pu se passer... tout en comprenant très bien ce qui s'est passé. Seulement, on ne veut pas y croire.

Si, dans la vie, j'encourage les gens à consommer de la mode locale par le biais de notre blogue, c'est que crisse, je veux travailler en mode québécoise, moi aussi. J'ai fait toutes mes études en mode, et j'y crois. J’ai même de la misère à comprendre comment on peut vouloir travailler dans un milieu qu’on n’encourage pas. 

MAIS AVANT DE FAIRE GUILT TRIP-ER TOUT LE MONDE, voici un petit récap' sur ce qu'est la mode locale selon TPL :

Consommer localement, ça veut aussi dire acheter des patentes chez des chaines québécoises qui ne produisent pas nécessairement au Québec. Les sièges sociaux d'entreprises comme Reitmans, Dynamite ou Point Zero fournissent du travail à une grande partie des personnes oeuvrant dans l’industrie. Vous retrouvez tous ces renseignements sur Internet, et je vous encourage à vous informer avant d'aller magasiner! 

Évidemment, l’achat local, c’est encourager les petites boutiques indépendantes comme le Unicorn, le Lowells, Chicanne, Atelier B et Billie Boutique. Ces boutiques ne tiennent pas seulement des marques d’ici, mais elles font travailler des représentants, des livreurs, des vendeurs, des designers graphiques... Bref, elles participent au développement de notre économie.

Parce que oui, justement, acheter une robe dans une entreprise d'ici, ça veut dire justifier le travail de la personne en boutique, du gars qui a livré les boites, du dude qui a placé les commandes des acheteurs, de la fille aux comptes payables, de la patroniste, de la designer, du graphiste, du web dude qui a mis le site en ligne... Vous voyez le genre. Acheter fait ici = avoir un impact durable ici. 

Sauf que là, comment allez-vous payer votre char et votre garde-robe 100 % québécoise?

Deux mots (qui ne le sont pas vraiment, lololol) : flexitarisme et cost-per-wear.

Chez TPL, on prône le flexitarisme parce qu’on comprend que ce n'est pas tout le monde qui puisse se permettre d'acheter tout made in Québec. Vous aimez votre belle robe fancy Eve Gravel? Bravo, et rien ne vous empêche de puncher avec un veston H&M. Il suffit d'être stratégique dans ses achats. De plus, payer plus cher fait moins mal au coeur lorsqu'on applique la « théorie » du cost-per-wear. Je fais ça avec mes Jeans Seconds, mais aussi avec d’autres morceaux achetés chez Dynamite. Je rentabilise mes achats québécois en les rendant indispensables dans ma garde-robe.

Acheter québécois est un investissement qui a un impact sur la vie de tellement de personnes. Et c'est beau les grands discours (comme le mien), sauf qu'on doit vraiment commencer à mettre nos culottes pis à sortir nos bidous. Il est temps de faire le choix d'aider notre industrie. Autrement, on n'aura que nous-mêmes à blâmer lorsqu'on dirait que tous les vêtements du Zara sont coupés pour des grandes Européennes pis osti, j'pas capable de rejoindre leur service à la clientèle.

La balle est dans notre camp.

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