Quand j’ai appris la naissance d'une semaine de la mode à Québec, en octobre prochain, ma première réaction fut : OMG. Puis, je suis partie à rire.

Disclaimer : NON, Québec n'est pas ma ville préférée. NON, je ne ferais pas du pouce sur la 20 par amour de chez Ashton. MAIS. J’ai des arguments qui vont quand même plus loin que ça.

Ceci dit, HAHAHAHAHAHAHAHAHA. OSTIE.

Premièrement, il y a cette citation, prise dans l’article de La Presse : « L'événement sera complémentaire au Festival Québec mode, qui est plus un happening autour des collections qui sont disponibles en même temps dans les boutiques, alors que nous, nous suivrons le calendrier des autres semaines de mode en devançant d'une saison les tendances. »

OK.

  1. Le Festival Québec mode est un festival de 5 à 7 (à voir leur programmation). Le peu de défilés présentés ne permet même pas de connaître les designers qui ne s'addressent pas aux boomers qui ont des mèches mauves. Aucun de ces designers ne peut se tailler une place à l’international. SORRY NOT SORRY.
  2. Devancer d’une saison les tendances, c'est ça le but d'une semaine de mode. Pour présenter les collections aux médias et aux acheteurs (surtout aux acheteurs, pour que les vêtements soient en magasin). C'est pas vraiment digne de mention.
  3. Être dans le calendrier des semaines de mode, c’est cool. Est-ce que ça signifie se démarquer à l’international? Je ne crois pas vraiment. 
  4. Attendez. J’ai oublié de spécifier que l’agence Kennedy (où est leur site Web? Google ne sait pas trop.) sera partenaire. 'Scusez-moi. 
  5. La semaine de la mode sera bilingue. LOL. LOLOLOLOLOL.
  6. J'ai hâte de voir le défilé de t-shirts de WLKN. 

On chuchote qu’il pourrait y avoir un grand nom international à l'agenda. Genre Jean-Paul Gaultier ou Sonia Rykiel. J’ai vraiment hâte de voir lequel des deux s’empressera d’aller présenter ses créations à Québec. Je ne vois pas ce qui pourrait les motiver (financièrement et stratégiquement) à faire ce move. À la limite, Michael Kors aurait plus rapport. 

Québec, ce n’est pas contre toi, mais je ne comprends pas ton but.

Le monde de la mode est extrêmement difficile au Canada. Comme partout dans le monde. Entre les grandes marques et les créateurs, peu de personnes investissent dans les défilés dans le sens traditionnel du terme, parce qu’il n’y a pas assez de couverture médiatique à l’international. Le milieu de la mode canadien est déjà beaucoup trop segmenté, par rapport au nombre de consommateurs versus le nombre de designers qui devraient présenter un défilé ET des ventes qui pourraient en découler. 

Et à qui vous voulez présenter votre patente? Au grand public? Encore aux médias d’ici? Aux acheteurs des boutiques? Mon petit doigt me dit que les blogueurs de Québec ont de la misère à se faire inviter aux événements de la ville. Est-ce encore des gens de Montréal qui vont aller voir des défilés de patchwork? À quoi bon?! D'ailleurs, qui sont les designers de Québec? On n'entend pas souvent parler de vous...

Faire une semaine de la mode n’est pas un jeu. Il faut que ça serve à quelque chose.

Ce n’est pas parce que « Québec accuse un retard dans la présentation des tendances » qu'une semaine de mode arrangera les affaires.

Est-ce que le marché de Québec en a besoin? Est-ce qu'il justifie la dépense? Est-ce que ça va servir aux designers de faire ça? Quand on sait combien un défilé à la SMM coûte, on a de la misère à trouver ça réaliste.

La semaine de la mode de Montréal nous tient à cœur, mais il faut se rendre compte qu’elle a des problèmes à faire parler d’elle à l’international. Même si elle essaie fort, les designers quittent le navire. Pourquoi ce serait différent à Québec? Pourquoi on n’en ferait pas juste une semaine de la mode dans tout le Canada qui serait forte et pertinente à la place d’en faire trop, un peu partout au pays, sans que ça ait aucun impact pour nos créateurs d’ici?!

Outre le glam pis toute (et c’est mon mot de la fin), une semaine de la mode, c’est supposé être conçu pour que les designers fassent la promotion de leurs créations, afin que les acheteurs les amènent dans les boutiques. Le rôle des médias, c’est de créer du hype autour de tout ça, ce qui amène les consommateurs à s'intéresser (et à acheter) le produit. Le but final, c'est que les designers puissent vivre de leur art. 

Sorry Québec, mais je pense pas que ce soit la meilleure idée de faire une autre semaine de la mode dans ta ville. J’ai bien hâte de voir le résultat. Je l’attends avec impatience.

Qu’est-ce que vous en pensez?

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