Retour sur le film Girl Model – Il faut faire quelque chose

Au moment d'écrire ces lignes, je viens tout juste de revenir du visionnement de Girl Model. J'ai le coeur rempli de rage et le ventre rempli de fromage (je ne sais pas pourquoi, mais les films sur les mannequins me donnent toujours faim). Vous savez, on aime bien faire des blagues, mais on sait aussi quand mettre en lumière un sujet choquant. Et c'est ce qui va suivre…

Faut dire que cette année dans mon cours de méthodologie de recherche, on m'a demandé de me découvrir moi en tant que chercheur. Long story short, avec l'histoire de l'augmentation des frais de scolarité, le projet de loi qui (re)met en cause l'avortement et plein d'autres scandales du genre, je me suis découvert un côté plus social qu'on pourrait le croire. Fondamentalement, même si le monde en général me fait sourciller, je crois en la force de l'individu pour changer les choses. Pis en plus, je n'ai pas peur de le dire haut et fort (merci papa et maman de m'avoir toujours laissé faire ça).

QU'EST-CE QU'ON VOIT DANS GIRL MODEL?

Ça commence avec une petite fille de 13 ans, Nadya, se faire recruter par une model scout, Ashley, pour tenter de percer au Japon. On suit Ashley, qui a sûrement des problèmes mentaux (sans joke), qui nous parle de sa profession. On suit aussi Nadya qui évolue dans le milieu sans parler en anglais, sans avoir vraiment d'argent. On suit aussi le genre de assholej'ai clairement bien choisi mon mot – qui possède l'agence qui ne paie pas ses filles et qui leur impose des contrats très stricts. Le film dresse le portrait d'une industrie qui fait peur.

Bref, ce portrait-là me tue vraiment en tant que fille, en tant que consommatrice de mode, en tant que blogueuse et en tant qu'être humain aussi. Au nom de LA MODE, on déguise des filles en femmes et on semble assez OK avec cela. Toute l'industrie de la mode se pitche la balle pour ne pas être le responsable et personne ne fait rien. Quand un petit chinois de 13 ans fait tes shoes c'est de l'exploitation, mais si on exploite (parce que c'est également une forme d'exploitation) une petite russe, c'est de l'art?! NON!

POURQUOI IL FAUT EN PARLER?

Je ne peux pas croire qu'au nom de LA MODE, on accepte l'exploitation de ces enfants-là. Je ne peux pas croire qu'on est rendu à se trouver la face trop vieille à 18 ou 25 ans. Je ne peux pas croire que l'industrie passe sous silence quelque chose d'aussi bas et immoral.

Comme dirait l'autre, WÔ!

QU'EST-CE QU'ON FAIT?

On s'occupe de chez nous en premier. Pourquoi ne pas demander un âge minimum pour les mannequins en agence? Pourquoi ne pas utiliser des adultes pour présenter des adultes? Si vous êtes dans la région de Montréal, allez voir le film à compter de vendredi au Cinéma du Parc. Sinon, partagez la nouvelle et sensibilisez-vous. Comme consommateur de mode, vous avez le choix de dire oui ou non à l'industrie.

Je vous invite à discuter du film ou de ce problème dans les commentaires!