Quand l'Alabama n'est plus vraiment une sweet home

Crédit photo: Monica Meton/Unsplash Quand l'Alabama n'est plus vraiment une sweet home

Au début de la semaine, on pensait que l’avortement était un droit acquis dans certaines régions du globe. Que donner le droit d'avorter était un progrès et qu'une fois adopté, on ne revenait plus en arrière. Il faut croire que non! Le 15 mai dernier, le Sénat de l’Alabama - composé de 25 hommes blancs - a adopté le projet de loi le plus restrictif du pays. La législation veut que l’avortement soit complètement illégal à moins de problèmes de santé menaçant la vie.

En gros, un paquet d’hommes vient de décider de quelle manière on peut disposer de notre corps. AUCUNE personne avec un utérus n’a participé à cette décision.

​Tout cela m’horrifie. Y a de quoi capoter, y a de quoi avoir honte. Tellement que je cherche mes mots.



En Alabama, les personnes enceintes ne pourront disposer d’aucune liberté de choix, d’aucun droit sur leurs corps, et les médecins transgressant la loi seront passibles de lourdes peines de prison. La loi ne prévoit AUCUNE exception en cas de viol ou d’inceste. Certains groupes de défense des droits comptent amener la cause en justice. Pourvu que la grogne monte, que l'indignation soulève les foules.

« Vous dites à ma fille : tu ne comptes pas dans l’Etat de l’Alabama… Les hommes peuvent te violer et tu auras ce bébé si tu tombes enceinte. »
“You’ve got 27 men over on the other side ready to tell women what they can do with their bodies.”
 

- Bobby Singleton, membre démocrate du Sénat
 

Dans la même veine, le Kentucky et le Mississippi condamnent les avortements dès les premiers battements de cœur détectables du fœtus, i.e. plus ou moins à la sixième semaine de la grossesse. De nouvelles mesures semblables sont près d’être adoptées en Géorgie, dans l’Ohio, le Missouri et le Tennessee.

6 semaines = 4 semaines de grossesse insoupçonnée = 2 semaines de retard sur ses règles.
Vous trouvez ça raisonnable?

Ce projet de loi immonde fait bien des dégâts. La sécurité et le droit des personnes avec un utérus se voient bafoués. Comme l'a écrit Manon Massé, « le droit à l’avortement, ça s’abolit, mais l'avortement, ça ne s’abolit pas. » On ne fait qu'encourager les avortements clandestins, peu sécuritaires et sans support. On rend les populations vulnérables encore plus vulnérables, celles qui n'auront pas les moyens de demander l'avortement dans un autre État. Oh well...



 

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