Accident de travail : quand le système nous brûle et nous pousse à vouloir tout lâcher

Crédit photo: Unsplash/sekibaku Accident de travail : quand le système nous brûle et nous pousse à vouloir tout lâcher

Y a deux mois presque jour pour jour, on m'a blessée au travail. Je m'en suis sortie pas si pire considérant l'intensité de l'agression. La médecin de l'urgence m'a mise en arrêt de travail le temps de m'en remettre. Un bon deux semaines de break pour ma santé mentale. Vite, vite, vite, car ça coûte cher au système une salariée arrêtée. Ma tête allait pas pire, mais c'est mon cou et mon épaule droite qui ont écopé. Je suis donc tombée dans la roue des rendez-vous express en physiothérapie à raison de trois fois par semaine et pas question d'en manquer un même en cas de diarrhée explosive ou d'appendicite. « T'es payée pour être ici », qu'on m'a dit. 

 

                                                                         Crédit : Giphy

À peine eu le temps de cligner des yeux que j'étais de retour en assignation temporaire au travail aka les travaux légers. En gros, je fais la job que personne ne veut faire. Je regarde l'hiver passer à travers les fenêtres du local dans lequel je me sens punie et isolée. J'aime mon métier, mon milieu et mes collègues, mais être pognée à faire des tâches que je déteste parce que je me suis faite blesser, c'est aliénant et décalissant. Depuis le jour de l'accident, j'ai vu ma motivation chuter à une vitesse grand v. Pour le système, je ne suis qu'un simple numéro. 

Ma tête ALLAIT pas pire. Maintenant, j'ai peine à me lever le matin. Ma vie était déjà très intense et occupée avant l'incident et voilà qu'on me rajoute 6 à 7 rendez-vous médicaux par semaine dont plusieurs sur MON temps à moi. J'ai beau le répéter aux personnes responsables de l'horaire, mais je ne suis pas la SEULE en accident de travail. C'est un vrai fléau. Je les vois entrer à la clinique un à un, ces accidentés, et la plupart sont issus des milieux scolaires et de la santé. Intéressant non? Que fait-on pour nous protéger? Ah oui, des coupures budgétaires année après année. 

J'ai déjà vu le médecin en contre-expertise, déboursé des sommes importantes en traitements que la CNESST ne couvrent pas mais qui me font beaucoup de bien et passé énormément (trop) de temps dans des cliniques diverses pour traiter cette blessure dont je ne suis pas responsable : temps durant lequel je ne suis pas avec mes enfants. On me rembourse les frais de déplacements quand même, faut pas trop en demander. 

Cette semaine, j'ai atteint ma limite. Ces multiples obligations qui nuisent à ma réadaptation, ces rendez-vous express et mon agenda tellement chargé de ces derniers que je ne sais même plus où regarder. La tête me spin et m'étourdit. Je me sens comme un p'tit chien qui essaie tant bien que mal de garder sa tête hors de l'eau, mais qui est crissement tanné de patauger. J'emmerde présentement tous ceux qui profitent de ce système. 

                                                                        Crédit : Giphy

Sur une note positive, c'est comme si la vie a mis cette épreuve sur mon chemin pour faciliter ma transition vers de nouveaux projets et je suis si reconnaissante de mener cette deuxième carrière en parallèle qui me permet de continuer à avancer. 

Faut surtout pas lâcher même si on est juste en février. 

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