Un épuisement professionnel, ça ne peut pas m’arriver à moi!

Crédit photo: Nick Fewings/Unsplash Un épuisement professionnel, ça ne peut pas m’arriver à moi!

Je vais être transparente d'emblée : dans ma vie, j’ai fait deux épuisements professionnels. Je ne m’en cache pas ; je trouve tellement que ça ne devrait pas être tabou, même si ce l’est encore. C’est vrai que, quand il est question de maladie mentale, on ne voit rien. Je n’avais pas de bobo physique et ça ne me paraissait pas vraiment dans ma face que j'étais malade, sauf qu’en dedans, du jus, je n’en avais plus, pour rien.
 

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Quand ça frappe
Au début, il y a souvent des signes qu’on refuse de voir. On a du mal à se lever le matin, on va travailler à reculons, on ne tient bon qu’en pensant à la fin de la journée ou au week-end, on se met à endurer nos journées plutôt qu’à les vivre, on n’a plus envie de rien faire et on s’éteint à petit feu. Chaque journée passée à essayer de survivre en est une de trop.
 
À un moment, le corps ne tient plus. Tout l’épuisement mental et moral s’incarne en lui et il devient à son tour fatigué, puis malade. Ça prend littéralement toute la place dans notre vie, dans notre travail, dans notre couple, puis vient un temps où la plug se tire toute seule. Black-out. Là, plus rien ne fonctionne.

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Le fameux congé maladie
À mon premier épuisement, j’ai refusé d’écouter mon médecin et ma thérapeute. Je me croyais « plus forte » que ça, hors de portée de ce genre de maladie. J’étais naïve. Et je le regrette. J’ai fait le contraire de ce que me demandaient mes spécialistes, c’est-à-dire que je me suis garrochée dans ma maîtrise et dans le travail comme si ma vie en dépendait, pour oublier sans doute combien je n'allais pas bien.

J'ai continué comme ça pendant 7 ans, avec des périodes où mon corps me lançait des signaux de détresse, tellement que je devais m'arrêter, momentanément. J’ai donc eu des pauses d’entraînement prescrites et exigées par mes spécialistes, des ordres de ma famille et de certain.e.s ami.e.s proches de prendre soin de moi, mais je ne me suis jamais vraiment reposée. Je ne savais pas comment.

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Arrêter d'entendre et choisir d'écouter
J'ai fini par écouter. Je vous en parle dans mon article sur le complexe de la Wonder Woman. Ça a été long, mais j'ai compris. J'ai compris qu'il n'y avait aucune honte à se reposer, à prendre soin de soi et à écouter son corps, au sein duquel on va habiter jusqu'à la fin de ses jours. J'ai compris que s'arrêter est parfois un mal nécessaire pour mieux recommencer ; j'ai appris que j'étais bien entourée et que j'avais pas mal plus de soutien que de jugement autour de moi. Bref, j'ai saisi qu'un épuisement professionnel, c'est réel et qu'il faut y faire face plutôt que de vivre dans le déni. 

Avez-vous déjà vécu un épuisement professionnel? Comment vous en êtes-vous sorti.e.s?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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