Touriste ou backpacker.euse : un faux débat

Crédit photo: Lukas Robertson/Unsplash Touriste ou backpacker.euse : un faux débat

Cet été, j’ai eu la chance (eh oui je dis bien la chance) de partir en voyage au Pérou quelques semaines. J’ai adoré mon expérience, c’était vraiment un beau voyage. C’était aussi la première fois que je voyageais (si l’on exclut les tout-inclus) dans un pays en développement et je dois dire que ça a suscité chez moi plusieurs réflexions.

D’abord, je fréquente quelques groupes de voyages sur Facebook parce que c’est quelque chose qui m’intéresse vraiment et j’aime m’inspirer et m’évader à travers les voyages des autres. Souvent, sur ces groupes, une distinction sera faite entre le.la backpacker.euse et le.la touriste. Cette distinction implique que le.la touriste sera là pour voir les attractions dans son petit confort tandis que le.la backpacker.euse, plus aventurier.ère, tentera de découvrir la culture et n’aura pas peur de s’éloigner des sentiers battus. Vous comprendrez donc qu’être touriste n’est pas vraiment désirable… Même si je voyage à sac à dos, je ressens un malaise face à cette distinction. Un malaise qui n’a cessé de s’amplifier au fil de mon voyage.

En effet, souvent les backpacker.euse.s se vantent d’aller à la rencontre des locaux, de tenter de vivre comme eux, d’assimiler la culture. Je ne peux pas m’empêcher de trouver cela réducteur. À mes yeux, un.e voyageur.euse, même sur le long terme, ne pourra jamais vraiment s’imprégner de la culture. Une culture se façonne et se répercute sur tous les aspects du mode de vie, des origines, et s’il est possible d’en avoir un aperçu et d’aller à la rencontre de l’autre, il me semble bien prétentieux de croire s’en imprégner. Touriste ou backpacker.euse, nous ne voyons que la pointe de l’iceberg et c’est correct ainsi. Croire le contraire c’est se leurrer inévitablement.

Ensuite, il me semble que backpacker.euse.s et touristes se retrouvent souvent aux mêmes endroits. En effet, bien souvent un lieu est touristique, car il représente un intérêt et c’est normal de souhaiter le visiter. Si le.la backpacker.euse s’éloigne des sentiers battus, c’est bien souvent pour se retrouver dans un lien rempli de ...backpacker.euse.s.
 

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Comprenez bien, je le répète, je voyage en sac à dos et j’aime ce mode de voyage qui me convient. Je ne crois juste pas que le mépris des autres manières de faire a raison d’être. Surtout qu’aux yeux des locaux, nous sommes tous touristes. Si je n'ai jamais été bien fervente à l’idée de cette dualité, je dois dire que celle-ci m’a semblée perdre de son sens lorsque j’ai regardé qui étaient ces touristes, qui étaient ces backpacker.euse.s. Sans grande surprise, nous étions tous des blancs, des Européens, des Américains, des Canadiens, des Australiens. Nous étions tous des individus de pays développés qui avions le privilège et l’argent de visiter des pays moins favorisés. Nous pouvions nous payer des luxes que nous ne pourrions pas nous offrir chez nous parce que notre monnaie est forte. Et nous en étions content.e.s. Nous étions charmé.e.s par la culture, par la richesse du pays et désolé.e.s par la pauvreté. Il ne fait aucun doute que pour les locaux, dont la plupart n’auraient jamais la possibilité de visiter nos contrées, nous étions tous les mêmes.

Je sais que le tourisme aide le pays et j’essayais de contribuer le plus généreusement possible. J’aime voyager et je vais continuer de le faire et je vais probablement visiter d’autres pays moins favorisés que le mien. Mais je vais le faire en sachant pertinemment que si j’ai cette possibilité, c’est en raison des immenses privilèges dont je bénéficie et je vais le faire avec humilité, sans étiquette et sans vanité. Le voyage est un luxe, le voyage est un privilège, et ce peu importe la manière dont il est effectué.

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