Non, mon oppression n'est pas plus importante que celle des autres

Non, mon oppression n'est pas plus importante que celle des autres

Il y a 3 ans, j'ai été exposée pour la première fois à la notion de racisme systémique. Une lumière s'est allumée dans mon cerveau. Puis, à force de parler avec des gens qui en savaient plus que moi et de lire sur la justice sociale, d'autres lumières se sont allumées. J'ai mieux compris l'importance du féminisme. J'ai aussi découvert le mouvement Body Positive et Fat Positive. Bref, je suis devenue un peu plus woke.

Je me suis éveillée à tous ces concepts très rapidement, j'avais faim de comprendre et de savoir. On ne m'en avait jamais parlé à l'école. Je mettais des mots sur mes expériences. Mes expériences de métissée, de femme, de personne ayant combattu son corps pendant trop longtemps. 

J'ai quand même fait la sourde oreille au début de cet éveil, quand mes recherches me menaient à des articles sur le capacitisme, la transphobie ou d'autres sujets qui ne me touchaient pas de près.  En lisant les critiques des personnes en situation de handicap quant au manque d'accessibilité du métro, par exemple, je me suis parfois dit en catimini, dans ma tête, sachant bien que c'était wrong de penser ça : « Leurs demandes sont quand même un peu exagérées... » Ça fait mal de l'écrire aujourd'hui. Je suis tout sauf fière de l'avouer. En m'éduquant sur la justice sociale, j'ai pris ce qu’il me fallait pour commencer à panser mes propres blessures, mais j'ai ignoré le rôle que j'avais à jouer pour aider à panser celles des autres. #ToutSaufJuste Jusqu'au jour où ma plus récente lumière s'est allumée...
 

Crédit : Giphy

On est presque toujours privilégié.e.s par rapport à quelqu'un sur un aspect ou un autre. La justice que je désire si ardemment pour moi-même et ceux et celles qui subissent les mêmes oppressions que moi est aussi nécessaire pour chaque personne qui existe dans ce monde. Toute demande venant d'une population opprimée est valide, qui suis-je pour juger leurs expériences et leurs demandes comme exagérées? J'ai un rôle ici aussi, celui d'alliée. J'ai fini par comprendre tout ça en lisant sur l'expérience des autres, en poussant plus loin, en explorant cet inconfort et en suivant des gens bien plus woke que moi sur les médias sociaux (incluant mes ami.e.s de TPL). #CheckTesPrivilèges  

Pick your battles. Un proverbe populaire avec lequel je suis d'accord. On ne peut pas se lancer corps et âme dans un activisme effréné pour toutes les causes qui existent. À moins d'avoir une réserve infinie d'énergie et de temps. #PasMonCas On aura souvent plus de motivation à combattre avec force une oppression qui nous touche de près. Mais je pense avoir compris qu'on a le devoir de s'informer et de faire l'effort de comprendre les formes d'oppressions qui ne nous touchent pas, mais qui sont tout aussi présentes. Puis, quand un commentaire ignorant est formulé, on peut se positionner comme allié.e en ne gardant pas le silence. Quand des marches ou des activités sont organisées, on peut faire de notre mieux pour y aller, quand des actions sont décriées, on peut faire écho aux voix des autres pour leur donner de la force. Bref, on peut être solidaires. Comment espérer que les choses changent sinon?

Avez-vous eu cette réflexion-là, vous aussi?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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