Je suis occupé.e donc je suis?

Crédit photo: Unsplash/Saùl Venegas Je suis occupé.e donc je suis?

L’année dernière était pour moi une année très chargée. J’ai eu très peu de moments creux, et malgré l’adrénaline, j’ai été à bout de souffle plusieurs fois. Lors de ces moments, je pensais avec hâte aux congés des fêtes qui marqueraient définitivement la fin de ce rythme de vie mouvementée. Si au début, j’ai été soulagée et heureuse de pouvoir souffler, ça n’a pas duré.

Voyez-vous, on s’habitue à tout et je m’étais habituée à un rythme effréné. Quand mon agenda est trop peu rempli, c’est automatique, le stress monte. Que vais-je faire pour meubler le temps? Je me culpabilise alors de n’avoir rien à faire et je tente par tous les moyens de rentabiliser mon temps de manière productive. Je me culpabilise sans arrêt lorsque je perds mon temps et me crée des to-do list impossibles. Mais c’est quoi perdre son temps? Oui le temps est précieux et devrait être occupé de manière réfléchie, mais qu’en est-il de tout ces moments perdus à ne pas profiter de l’instant? Doit-on toujours être productif?
 

 
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Mon grand défi de l’année est définitivement d’apprendre à ne rien faire et de ne pas me sentir mal lorsque cela arrive, et je dois vous dire que je suis sans cesse challengée. Il me semble que la vie est un grand concours de la personne la plus occupée. Le mot est sur toutes les lèvres et je n’y échappe pas. Quand je lis des articles comme celui-ci, ou celui-là, des textes destinés à nous prémunir de l’épuisement et à exposer les dangers d’un horaire chargé, je culpabilise parce qu’il me semble que je n’occupe pas mon temps aussi productivement que ces personnes.

Mais est-ce sain? Est-ce qu’être occupé, c’est être utile? Je m’efforce au quotidien de remettre ces affirmations en question. Quand j’étais plus jeune, j’étais une personne assez oisive et avec l’âge adulte, j’ai diamétralement changé . Or, j’ai l’impression de guetter sans relâche le moment de paresse qui me ramènera au point de départ, comme si un 20 minutes passé sur facebook ou une matinée à prendre ça relax pouvait tout changer.
 


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J’ai vraiment l’impression qu’on valorise à tort le fait de charger son horaire au maximum, comme si c’était une preuve de l’importance de nos vies. Pourtant, j’ai l’impression que les moments où j’ai le plus d’engagements sont aussi les moments où je m’y engage le moins. À force de vouloir être partout, on finit par être nulle part vraiment.

J’essaie donc de dédramatiser mes moments de rien, de vide. Parce que c’est aussi ça, la vie. Je tente aussi de ne pas charger mon horaire aveuglément, mais de penser à ce qu’au final ça peut me rapporter.  

 

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