Vivre avec un problème de drogue.

Crédit photo: W12 Vivre avec un problème de drogue.

Dans un peu plus de 3 semaines, ça va être la rentrée scolaire pour bien du monde. Mes souvenirs liés à l’école ne sont en général pas très heureux, sauf pour le cégep et l’université, où je me suis ouverte sur le monde, où j’ai commencé à m’intéresser à plein de choses, dont le journalisme, et où je suis enfin devenue un peu une adulte. Bref, j’ai vraiment tripé pendant cette période-là. Un peu trop, même, des fois.

Devenir adulte, ça veut aussi dire découvrir des affaires d’adulte, comme l’alcool et la drogue. Dans mon cas, je ne sais pas trop pourquoi j’ai commencé à fumer du pot. Tous mes amis en fumaient, fait que why not?

Tout ce que je sais, c’est que c’est rapidement devenu une habitude. Tous les soirs, on s’appelait après le souper, sur le téléphone de maison, t’sais, puis on se donnait rendez-vous dans 30 minutes au Tim Hortons du village. 

Rendus là, on écoutait de la musique, on jasait niaisait, on regardait le monde… pis on fumait des joints. À la fin de la soirée, on rentrait tous chez nous, gelés comme des balles, on allait se coucher en espérant ne croiser personne, puis on s’endormait tout de suite, complètement assommés par le hotbox qu’on avait fait dans la Corolla 1999 d’un tel. Frais et dispos pour les cours de philosophie, de maths quantitatives et de français du lendemain, plus la soirée au boulot parce que job étudiant, plus le petit joint pour fêter le fait qu’on avait passé à travers une autre journée. Ish.

Au début, on était 6 sur 1 joint. Pas de quoi écrire à sa mère. Au fil du temps, sans que je m’en rende compte, j’étais presque rendue à 1 joint par soir. Et je dirais que ce n’était pas un problème, si quelques événements ne m’avaient pas fait douter.

Les rares soirées où je n’allais pas rejoindre mon monde au Tim Hortons, je me couchais en pensant que « ça serait donc bon 2-3 puffs ».

Aussi, j’avais toujours au moins une five sur moi (0,5 gramme de pot), cachée avec mon paquet de cigarettes et mon briquet dans ma sacoche, dans cette poche habituellement attitrée aux tampons et serviettes hygiéniques. C’était tellement devenu la norme pour moi qu’un jour, en préparant mes bagages pour un voyage en famille aux États-Unis, je suis passée à deux doigts d’oublier le petit Ziploc dans ma sacoche. Anecdote lol : c’est la seule fois où on m’a fait une fouille complète à l’aéroport.

Autre anecdote délicieuse : un soir, j’ai voulu prendre 5 $ dans le sac à main de ma mère pour boire une bière au bar miteux du village avec mes amies et/ou m’acheter d’autre pot, mais mon père m’a surprise en flagrant délit. La colère lui a fait dire des choses qui dépassaient sûrement sa pensée, mais ça m’a fait réaliser que depuis quelques mois, quelques années, j’étais engagée sur une pente très dangereuse.

J’étais encore en haut de la pente, mais ce sont les faux plats qui sont les plus sournois quand on veut construire quelque chose de bien.

Un jour, je suis partie à l’université dans une autre ville. J’ai fait mon sac, mis les clés dans le contact, et me suis installée dans une nouvelle ville. J’ai arrêté de fumer du pot, un peu sans m’en rendre compte. Je me suis concentrée sur mes études. Mon joint quotidien ne me manquait pas, peut-être en raison du nouveau cadre dans lequel j’évoluais.

Aujourd’hui, je n’en fume plus du tout. Même pas une puff dans un party. J’ai parfois l’air un peu sainte nitouche, parce que tout le monde semble penser qu’un petit joint, c’est innocent. Je le pensais aussi dans le temps, mais ça m’a laissé des séquelles. Comme une mémoire de marde.

En contrepartie, j’ai constaté combien c’est facile de tomber dans l’excès sans s’en rendre compte. D’arriver à un stade qu’on ne pensait jamais atteindre. Lentement, mais sûrement.

Je ne sais pas comment j’ai fait pour réussir mes études malgré ma consommation. Sans doute qu’à travers les nuages de mari, je gardais quand même un certain cap, puisque je n’ai jamais fumé avant d’aller en classe. 

À travers mon témoignage, je voulais sonner une petite cloche à ceux qui pourraient eux aussi être au début du faux plat. Qui ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire dans la vie, ce qui est tout à fait normal/correct, mais qui ne font pas vraiment ce qu’il faudrait pour le savoir. Bref, enjoy life, mais pensez aussi à ce que vous voulez comme avenir. Parce que cet avenir arrive toujours plus vite qu’on pense.

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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