Tenter de trouver l'équilibre entre l'orthorexie et la bigorexie, partie 2 : dompter cette bête.

Crédit photo: cat_lt / Instagram Tenter de trouver l'équilibre entre l'orthorexie et la bigorexie, partie 2 : dompter cette bête.

Je vous ai parlé de comment j'en suis venue à développer une obsession pour ma santé, ma forme physique et mon apparence.

Une fois qu'on est conscient que l’on fait une fixation sur notre forme physique, comment fait-on pour essayer de trouver l’équilibre? Comment avoir un mode de vie sain ET une santé mentale saine? Pour être honnête avec vous, c’est un combat de tous les instants pour moi. 


Crédit : Reactiongifs
 

Comme je vous expliquais dans la première partie, c’est difficile de voir la ligne entre ce qui est mauvais et de ce qui ne l’est pas, car notre santé physique est supposément « optimale ». J'ai quand même remarqué que certains comportements m'avaient aidée à accorder moins d'importance à mon obsession.

Une chose qui m’a beaucoup aidée au début est la pratique du Crossfit. Ça peut paraître extrême pour certains, mais ça m'a permis de me valoriser par ce que mon corps pouvait accomplir sans juste penser à mon apparence. Bien sûr, après introspection, je comprends que ce n'est qu'un déplacement d'une fixation, passant du physique vers la performance. Malgré tout, ça m'a fait beaucoup de bien. Je m’en foutais de devenir trop musclée, trop massive aux goûts de certains ou de gagner un peu de masse grasse. Je voulais être bonne : c’est ce qui comptait. Si je mangeais un peu de sucreries, je pouvais passer par-dessus, car je savais que ce n’était pas grave : mon corps avait besoin de cette énergie.

C’est un sentiment très agréable de faire un sport pour soi et d’être fière de sa performance, d’être impressionnée par ses capacités. Ça peut aussi être à double tranchant lorsqu'on évolue plus aussi rapidement que souhaité... 

 
Crédit : cat_lt/Instagram
 

Il faut donc essayer de se valoriser et se donner confiance en soi en réussissant à l'extérieur de la pratique d'une activité physique. Nous ne sommes pas que des corps et des images! Entreprendre un projet manuel, intellectuel ou artistique, par exemple, peut être très salvateur. Personnellement, l'écriture de ma thèse de maîtrise et le début d'un nouvel emploi stimulant m'ont vraiment permis d'être fière de moi, sans avoir à me scruter dans un miroir. J'ai pu me dire : «Hey, indépendamment de ton taux de gras, tu es intelligente, tu as de la valeur, tu es capable de réaliser des choses. » Juste de l'écrire, ça me fait sourire.

 
Crédit : Nickelodeon
 

J'essaie aussi d'y aller mollo avec les réseaux sociaux, particulièrement avec mon Instagram. Les médias sociaux nous apportent notre dose de narcissisme. On veut se montrer, montrer qu'on est parfaits, se faire aimer. Ça encourage une image pervertie où l’on se présente sous son meilleur jour, à la recherche d'approbation. Je pouvais scroller assez longtemps merci parmi les comptes de fitness, pour chercher à leur ressembler. Il faut se rappeler que ces comptes qui font l'éloge de la forme physique publient des photos où chaque détail est scruté à la loupe, sans parler du filtre utilisé, de l'éclairage ou des retouches. Je me suis désabonnée de la grande majorité des comptes reliés à ce type de mode de vie pour ne pas me retrouver nez à nez trop souvent avec mon obsession. Aussi, j'essaie maintenant d'éviter de publier des photos relatives à ma quête de forme physique aka des selfies d'abdos afin d'éviter d'alimenter le tout. 

Tous ces comportements me permettent de contrôler un peu ma peur et mon anxiété. 

Par contre, je ne veux pas être hypocrite : j’avoue que c’est encore difficile de temps en temps. Je fais encore attention et je ne me sens pas bien si je ne fais pas de sport durant quelques jours. Je culpabilise encore si je mange un bout de pain au restaurant. Ça m'arrive d'être déçue de moi si j’ai le malheur de ne plus voir de ligne d’abdos en m’observant dans le miroir.

Même si je m’améliore sur certains points, j’ai l’impression que je ne m’en sortirai jamais complètement...

On juge tellement les gens « pas en santé ». C’est tout le temps le bon vieil argument pour dénigrer un modèle taille plus qui a du succès ou la nouvelle maman qui prend un peu trop de temps à notre goût à perdre du poids de sa grossesse. Toujours au nom de la santé. Je vis dans la crainte qu’on me reproche les mêmes choses, de ne pas être en santé. Qu'on dise que je suis paresseuse si je ne fais pas assez d'activité physique ou que je n'ai pas de volonté si je prends un morceau de gâteau.

C'est un travail constant pour dompter ces bêtes que sont l'orthorexie et la bigorexie. Le soutien de nos proches est vraiment ce compte, je pense. Je suis chanceuse de pouvoir compter sur un homme génial qui m'épaule, qui m'écoute, mais surtout, qui me ramène les pieds sur Terre et m’aide à m’aimer dans les moments de doute.

Merci. Avec toi, on réussit à mettre la bête dans une petite cage.

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

PLUS DE NOUVELLES